Auteur architecte ou jardinier ?

Les étapes pour construire un roman, auteur, architecte, jardinier
MailyBlog 125 - Auteur architecte ou jardinier ?

MailyBlog #125

Olà Fourmiz !

 

La fameuse question que G. R. R. Martin pose aux auteurs !

« J’ai toujours clamé haut et fort qu’il existe deux sortes d’auteurs. En simplifiant, il y a les architectes et les jardiniers. Les architectes créent des plans avant même d’enfoncer le premier clou, ils conçoivent toute la maison : l’emplacement des tuyaux et le nombre de chambres, la hauteur du toit. Ils ont tout prévu, contrairement aux jardiniers, lesquels estiment qu’il suffit de creuser un trou et semer la graine pour voir ce qui arrive. »

On reprend souvent cette image qui a le mérite d’être poétique, claire et imagée pour différencier les deux types d’écrivains.

Cette guerre intestine entre les deux camps, entre les deux écoles d’écriture existe depuis toujours.

 

Elle vise à savoir quelle est la méthodologie ultime pour construire un roman et s’il y a une recette miracle pour la structure du roman.

L’auteur architecte méthodique va construire son histoire comme on construit une maison, en partant de l'idée de base, étape par étape, pierre après pierre en suivant un plan précis pour clarifier la structure du roman. Quand il a tout en main, il n'a plus qu'à rédiger...

Le second, le jardinier y va "yolo" : il pose la première lettre sans avoir d'idée de comment va se dérouler l'histoire, ni même parfois comment elle va finir. Il se laisse porter par l'histoire en ayant l'idée de basse en tête et invente au fur et à mesure. Il laisse ses personnages vivre par eux-mêmes, au fil de l'écriture, puis pose le point final. C’est à la suite de ce premier jet qu’il va vérifier si l’histoire tient la route et s’il n’y a pas d’incohérence dans le récit.

 

Beaucoup d’auteurs critiquent G. R. R. Martin et l’accusent d’avoir une vision trop simpliste.

Ils proposent souvent une troisième catégorie d’auteur à mi-chemin entre les deux écoles.

Un archinier ou un jarditecte... enfin un bricoleur de Jardiland quoi !

Pourtant l’auteur du « Trône de fer » précise bien : « En simplifiant, il y a les architectes et les jardiniers. »

 

S’opposent donc deux écoles scénaristiques :

Une schématique, presque mécanique, dirigée par Syd Field l’auteur de « Scénario ».

L’autre créative, presque organique, dirigée par John Truby l’auteur de « L’anatomie du scénario ».

 

Alors quelle est la bonne méthode ?

Je pense qu’il n’y en a pas !

Non pas qu’il existe une troisième catégorie d’écrivain comme semblent penser certains auteurs, mais dans les deux cas, que l’on soit auteur architecte ou auteur jardinier, l'histoire aura toujours une structure et donc un plan, car il est indispensable pour que le récit soit cohérent et que l’histoire tienne la route.

La question n’est donc pas de savoir s’il y aura préparation de l’histoire ou non.

La question est de savoir QUAND aura lieu la construction de ce plan.

AVANT pour les architectes et PENDANT pour les jardiniers.

Dans les deux cas, les incohérences du récit seront retravaillées lors de la relecture du premier jet. 

 

Deux écoles s’affrontent :

  • Les architectes qui vont affirmer : sans plan, impossible de créer une histoire cohérente. Les cartésiens, les logiques, dirigés par le cerveau gauche.
  • Les jardiniers vont arguer : qu’un plan bride la spontanéité et la créativité. Les artistes, les créatifs, guidés par le cerveau droit.

En réalité lors de l’écriture d’une histoire ou la construction d’un roman, on passe souvent de l’un à l’autre.

 

Par exemple :

Un architecte dessinera son plan au départ et libérera sa créativité de jardinier durant la phase de rédaction.

Le Jardinier lui écrira l’histoire d’une traite et deviendra architecte lors de la relecture de son premier jet.

Je fais partie de la minorité des auteurs jardiniers, car effectivement j’ai besoin de laisser vivre mes personnages, j’ai besoin qu’ils me parlent et qu’il me raconte pourquoi j’écris, qu'est ce que j'écris et pour qui j’écris avant de tout remettre au propre.

 

Mais si aujourd’hui, la majorité des auteurs sont des architectes, c’est tout simplement que le système actuel (l’école notamment) nous formate et nous pousse à utiliser en majorité notre cerveau gauche.

L’autre raison majeure, cela peu de gens te le diront : il est bien plus facile de vendre une méthode qui t'explique comment écrire un roman de A à Z en disant que c’est la seule voie possible pour écrire un livre qui tient la route. La « méthode Jardinier » ne permet pas de vendre des guides, des séminaires et des ateliers d'écriture...

Et toi tu penches plus vers l’architecte ou le jardinier ?

Parce qu’après tout, peut-importe la méthode, on est la pour s’amuser pas vrai ?

 

À demain,

Ethan

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Amy Mackenzie