Et après - Nouvelle

Titre : Et Après ?

Auteur : Ethan J Pingault

Type : Nouvelle

Collection : 2017

Age : Adulte

Date : 29/11/2017

Nombre de mots : 1307

Formats : Lecture en ligne

Couverture Et après - Ethan Joe Pingault - Lire en ligne

ET APRES ?

Ethan J Pingault

 

Publié par FourmiztoryEdition

Copyright 2017 Ethan Joe Pingault

ISBN : 978-2-37809-004-3

Dépôt légal : Novembre 2017


— Merde ! C’est quoi... je suis mort ? Je suis mort !

— Effectivement, y’a pas de doute, tu es bien mort.

— T’es qui toi ?

— Dieu, le grand architecte, la bonne mère, Jésus, Bouddha, Gaïa, ta conscience, la voix de l’univers... Appelle-moi comme tu veux, ne te gêne pas !

— Mais c’est du délire ! Je courais sur le pavé bien vivant, il y a moins d’une minute et maintenant je suis étalé dessus raide mort.

— Exact !

— Pourquoi moi ?

— Parce que tu l’as choisi !

— Mais, j’ai rien choisi ! C’est ce chauffard avec son camion ! Il a déboulé de nulle part. Vois l’état dans lequel il m’a mis. Même ma mère ne me reconnaitrait plus !

— Humm !

— Et regarde-le maintenant, v’là qu’il s’excuse auprès des badauds en disant que c’est de ma faute !

— Qui a raison ? Qui a tort ?

— J’ai raison et il a tort ! Évidemment !

— C’est toujours de la faute des autres, hein ?

— Non, mais... eh, attends, tu insinues quoi là ! C’est lui qui m’est rentré dedans ! C’est moi la victime !

— Je n’ai pas dit le contraire !

— Donc tu avoues que j’ai raison !

— Qui a raison ? Qui a tort ?

— Tu ne vas pas recommencer ! Je t’ai prouvé qu’il avait tort et tu étais d’accord.

— Non ! J’ai juste confirmé qu’il t’est rentré dedans et que tu es la victime dans l’histoire.

— Bah, si même Dieu joue avec les mots...

— Je me dois d’être impartial !

— J’aurais dû m’en douter !

— Donc, c’est décidé, tu m’appelles Dieu ?

— Je n’en sais rien, c’est ce qui est sorti ! De toute façon, je suis athée !

— Humm !

— Et maintenant, il se passe quoi ?

— Rien !

— Comment ça, rien ?

— Nada, Walou, Que'tchi, Peau de balle, Peanuts...

— Bah, il doit bien se passer un truc, je ne sais pas moi... Le jugement dernier, la réincarnation, le purgatoire, l’enfer, le paradis ?

— Tu viens de me dire que tu es athée.

— Oui, mais tu es là toi et ce qui se passe en ce moment est assez fou ! Donc je suis en train de revoir mes positions, tu vois ! D’ailleurs, j’aime pas mal voir mon interlocuteur quand je lui parle...

— Je suis là !

— Où ?

— En face de toi.

— Oh, merde ! Tu m’as fait peur. Ne refais jamais ça ou je vais mourir une deuxième fois !

— Très drôle. Mais, je n’ai rien fait !

— Tu es apparu devant moi !

— Non, c’est toi qui m’as vu !

— Tu veux dire que tu es là depuis le début...

— Exact !

—... Que c’est moi qui t’ai fait apparaître ?

— Oui.

— Je ne comprends plus rien !

— Ce n’est pourtant pas compliqué !

— Pourquoi j’aurais fait apparaître un vieillard grisonnant, barbu, vêtu d’une tunique blanche ?

— C’est la représentation que tu te fais de moi !

— Un vieillard ! Grisonnant ! Barbu ! Vêtu d’une tunique blanche...

— C’est un peu cliché, je te l’accorde !

— Donc si je t’imagine autrement, tu vas changer d’apparence ?

— Si tu y crois oui !

— Génial ! Attends, j’essaie !

— J’attends.

— Rien ne se passe !

— Je sais à quoi tu penses, mais ça ne marchera pas !

— Pourquoi ?

— Parce que la jolie blonde à robe rouge du bar de tout à l’heure ne correspond pas à l’image que tu te fais de moi.

— Je n’y crois pas assez ?

— Exact !

— Dommage, elle était vraiment canon... Et maintenant ?

— Quoi, maintenant !

— Il va bien se passer un truc ! On ne va pas rester là à regarder des gens s’activer autour de mon cadavre pour l’éternité.

— Je ne sais pas !

— Comment ça : je ne sais pas ! Tu devrais bien savoir, tu es Dieu non ?

— C’est toi qui vois !

— Merde, tu ne vas pas recommencer !

— Recommencer quoi ?

— Ça ! Cette façon d’être, comme si rien n’était de ta faute, comme si aucune décision ne t’appartenait !

— Venant de toi cette phrase prête à sourire. Mais, c’est pourtant vrai !

— C’est bien toi qui m’as fait venir ici, non ?

— Non ! Je t’ai déjà répondu, c’est ton propre choix !

— Et donc, c’est de ma faute si je suis mort...

— Exact !

— Je vois, le libre arbitre et toutes ces conneries... La bonne blague !

— C’est pourtant ça ! Ce n’est pas une blague !

— Je ne vois pas bien où j’ai eu le choix !

— Là, quelques dixièmes de seconde avant l’impact.

— Merde... Oh, merde... Mais tu es un grand malade de me remontrer ça !

— C’est toi qui as demandé !

— Je croyais que tu n’avais aucun pouvoir ! Comment as-tu fait ça ?

— Ce n’est pas moi !

— Attends, laisse-moi deviner, c’est moi...

— Exact !

— T’es vraiment...

— Si je te dis : ne pense pas à un éléphant rose !

— J’ai pensé à un éléphant rose !

— Exact !

— Incroyable !

— N’est-ce pas ! C’est le pouvoir de l’imagination. La force créatrice des mots... mais revenons-en au choix.

— Le klaxon. Je l’ai entendu, mais je n’ai rien fait !

— Oui. Pourquoi ?

— J’aurais pu réagir, si je n’avais pas bu ce dernier verre !

— Exact !

— Si je n’avais pas joué mes dernières économies sur un full au roi par les as. Si...

— Beaucoup de « si » t’ont conduit ici ! Imagine l’arbre des possibles de ta vie.

— J’ai le pouvoir, le pouvoir de choisir ! Ce pouvoir, c’est... C’est immense !

— Ah ah, oui. C’est immense, tu n’imagines pas à quel point !

— Tu veux dire que si j’avais choisi, j’aurai pu finir au lit avec la blonde à la robe rouge ?

— C’est l’un des possibles oui !

— Donc, si j’avais saisi l’opportunité...

— Tes choix déterminent tes actions et tes actions ta vie.

— Incroyable ! Mais attends... elle aussi peut choisir !

— Ta liberté finit où commence celle des autres !

— Donc ce pouvoir a des limites.

— Est-ce vraiment des limites ?

— Tu ne va pas reco... Ok, j’ai rien dit !

— Regarde, elle est là, parmi les badauds ! Rejoins-la, qu’est-ce que tu attends ?

— Elle parle de moi !

— Ah oui, et que dit-elle ?

— Elle s’en veut de ne pas être venue m’aborder pour me consoler. Elle croit que c’est de sa faute ! Que si elle m’avait abordée je serais encore vivant ! Mais, ce n’est pas sa faute !

— Bien sûr que si, c’est son choix.

— Mais non, c’est moi, c’est ma responsabilité !

— Qui a raison ? Qui a tort ?

— Mais alors...

— Tu saisis enfin !

— Je veux revenir.

— C’est impossible ! Pas dans ce corps, pas dans cette vie en tout cas.

— Mais pourquoi ? Tu m’as dit que...

— Je sais oui ! Et tu as eu cette possibilité... revenir j’entends ! Mais maintenant, il est trop tard ! Regarde, ils ont cessé le massage cardiaque, éteint le défibrillateur et annoncé l’heure de ton décès.

— C’est un véritable ascenseur émotionnel ! Au moment où je me persuade que tout est possible, tout s’écroule.

— Il y a des règles et elles sont immuables.

— Mais toi, tu peux me faire revenir !

— Je n’ai pas ce pouvoir.

— Mais tu es Dieu ?

— C’est toi qui vois !

— Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ?

— Comme je te l’ai dit, c’est toi qui vois ! Le choix est infini !

— C’est vrai, j’ai le choix et ce que j’imagine devient... Mais je n’ai pas envie du paradis de cette bonne catholique, ni d’errer dans les limbes comme cette âme en peine, ni forniquer soixante-douze vierges comme ce martyre musulman, encore moins de me pochtronner la gueule au Walhalla en attendant le combat final comme ce guerrier viking.

— Crée ton éternité !

— Je n’en veux pas !

— Que veux-tu ?

— Revenir !

— Fais donc !

— Mais tu as dit que...

— Pas dans ce corps, pas dans cette vie.

— Alors, je choisis cette famille, ce fœtus.

— Très bien. Quel effet cela fait de retrouver un corps ?

— C’est génial ! Je suis prêt !

— Au revoir alors.

— Mais avant dis-moi une chose, qui es-tu vraiment ?

— Oh, je crois que tu le sais très bien !

— Tu es moi !

— Oui.

— Mais aussi, la femme blonde en rouge.

— Exact.

— Et le chauffeur. Et...

— Et tous les autres oui.

— Donc nous sommes tous des dieux en puissance ?

— Oui, en quelque sorte !

— Pourquoi ?

— Parce que ce sont les lois que j’ai fixées ! Parce que tu fais partie de mon éternité...

— Tu veux dire que tout ça...

— Exact. La question est : que vas-tu faire maintenant de cette information ?

— Oublier.

— C’est le choix qu’ils font tous !

Tu as aimé la nouvelle ? Si tu lis cette phrase, c'est surement que oui ! Merci pour la lecture !

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